Provence, Vaucluse, Luberon, Chambres d'hôtes, gîte d'étape, table d'hôtes, Le Moulin de Lavon 84400 GARGAS, 0490743454, gilles.geynet@wanadoo.fr
Un moulin type Par Henri AMOURIC
Plan d'un Moulin vertical

Le moulin à farine à roue horizontale, est depuis le moyen-âge au moins, la technologie privilégiée des méditerranéens pour la mouture des céréales. Le modèle le plus répandu est dit à rodet volant (ou roudet), c'est-à-dire non encaissé dans un puits de maçonnerie. Il existe cependant  des moulins de ce type, fonctionnant avec de véritables turbines, nommés moulins à « tinel » mais ils sont rares avant l’avènement des turbines métalliques au XIX° siècle.
Le principe de fonctionnement est dans tous les cas très simple. Un barrage submersible ou prise détourne l’eau d’une rivière dans un canal ou béal qui suit plus ou moins une courbe de niveau. Généralement, il s’achève dans un bassin, qui n’est souvent qu’une sorte de petit étang baptisé resclause ou écluse. Cette réserve a une fonction essentielle car elle permet de stocker le fluide moteur sur les cours d’eau trop faibles, irréguliers ou pendant les périodes d’étiage. Ainsi quand le moulin ne peut tourner « à fil » il est possible de le faire aller quand même quelques heures par « éclusées ». La resclause alimente ensuite soit directement une canalisation oblique « canon », aménagé dans le mur de force du moulin, soit un puits qui déverse l’eau à son tour dans la canalisation oblique. Le canon de pierre se prolonge au niveau inférieur du moulin ou chambre des eaux, par un canal de bois cerclé de métal pourvu d’une vanne, la serrure, à son extrémité. Le réglage fin du débit est ainsi possible.
   

L’eau est dégorgée obliquement sur les cuillères situées à la périphérie du rodet et lui imprime un mouvement circulaire. La roue horizontale repose sur une petite crapaudine métallique, la loubette, portée par un padelas ou banc, pièce au châssis de bois  mobile dans le plan vertical qui permet l’embrayage ou le débrayage des meules. Cette opération s’effectue par l’intermédiaire d’une pièce de bois ou de métal verticale, l’aiguille, manœuvrée depuis la chambre des meules, tout comme l’ouverture et la fermeture de la serrure. Le rodet est solidaire d’un axe de bois, le bassègue, portant un axe de fer, le Pau, (pauferri ou pal). Ce dernier enfourche l’anille de fer encastrée à la face inferieure de la meule courante qu’elle met en mouvement. Le chemin du grain est inverse ; entassé dans la trémie, entremuelhe, il s’écoule dans un manche d’inclinaison réglable, la cassole ou auget, qui le distribue dans l’œillard de la meule. Il passe ainsi entre les meules où il est broyé et la farine rejetée par la force centrifuge est confinée dans un coffrage de bois, l’arescle, d’où elle s’écoule dans une caisse ou mastre, farinière, ou elle est prélevée et mise en sac.

Ce système à prise directe, à la fois simple, rustique et sophistiqué, présente de nombreuses variantes de détail. Son efficacité et son adéquation aux besoins et moyens des provençaux lui ont valu un immense succès  et la première place dans les opérations de transformation de céréales.

Ainsi n’est-il pas étonnant que dans une enquête de 1809 concernant les moulins de Vaucluse, les roues horizontales représentent 71,129 % du total.